MiniReview: "Ce que je sais de toi" d'Éric Chacour

La belle couverture de l'édition québécoise.

 

Qu’est-ce que c’est?

C’est un roman d’un écrivain québécois, Éric Chacour, publié en 2023.  

 

Raconte-nous un peu de l’histoire.

Un médecin égyptien dans la trentaine, Tarek, rencontre un jeune travailleur de sexe, Ali, dans le Caire des années 80. Tarek essaie de libérer Ali de sa situation en l’embauchant à l’aider dans son cabinet. Les deux commencent une relation intime, ce qui amène un lot de problèmes. Il est difficile d’en dire beaucoup plus sans trop révéler. Mais la trame narrative est sophistiquée, montrant des scènes de la vie de Tarek et sa famille (son père, sa mère, sa sœur, sa femme et autres) de 1961 jusqu’en 2001.

 

J’imagine que la vie gaie en Égypte à cette époque était … tabou ?

Oui. En fait, la relation entre Tarek et Ali comporte plusieurs complications : Tarek est marié; Tarek est chrétien et Ali est musulman; Tarek vient d’une couche sociale plutôt élevé (sa mère est une snob insupportable, qui croît que Paris est le centre de l’univers et qui insiste que toute sa famille parle français à la maison et pas arabe), tandis que Ali vie dans la misère; et, finalement, les deux sont du même sexe. Donc, effectivement, pas facile.

 

Est-ce que le roman examine comment Tarek expérience son homosexualité dans une société résolument straight?

La manière dans laquelle le roman est écrit crée une distance entre le lecteur et la vie intérieure de Tarek. En fin de compte, je dirais que l’homosexualité n’est pas vraiment le thème du roman, qui aborde d’ailleurs beaucoup d’idées : la difficulté de sonder ce qui se passe dans la vie d’autrui, comment retisser des liens familiaux qui sont rompus, l’effet à long terme de nos actions, le rôle de secrets dans la vie domestique. On ne sait pas  trop ce qui se passe dans la tête de Tarek, et encore moins dans la tête d’Ali. J’ai trouvé le roman un peu froid sur le plan émotionnel. C’est intriguant, unique, intelligent, poétique … mais je ne me suis pas senti proche à ces personnages, qui restent distants. Un roman plus pour le cerveau que le cœur, je dirais. Le personnage principal reste insondable jusqu’à la fin. 

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